Dans les cuisines des restaurants étoilés comme dans les foyers français, le gratin s’impose comme le plat réconfortant par excellence. Mais lorsque le panais, ce légume racine longtemps oublié, rencontre la crème fraîche et le romarin dans la chaleur du four, c’est une véritable révélation gustative qui opère. Cette recette traditionnelle revisitée transforme un humble légume d’hiver en un accompagnement raffiné qui surprend systématiquement les convives. Le panais, avec sa texture fondante et sa saveur légèrement sucrée rappelant la noisette, se prête admirablement à la cuisson longue au four. Contrairement à la pomme de terre qui conserve une certaine fermeté, le panais se transforme littéralement en une purée crémeuse àl’intérieur de chaque tranche, tout en développant une croûte dorée en surface. Ce gratin d’hiver constitue l’accompagnement idéal pour les viandes rôties, les volailles ou même en plat principal végétarien accompagné d’une salade verte.
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facile
€€
Ingrédients
Ustensiles
Préparation
1. Préparer les panais
Commencez par éplucher soigneusement les panais àl’aide d’un économe en retirant toute la peau. Coupez les extrémités puis rincez-les sous l’eau froide. Si certains panais présentent un cœur fibreux au centre, retirez-le car il reste dur même après cuisson. Émincez ensuite les panais en rondelles fines d’environ 3 millimètres d’épaisseur. L’utilisation d’une mandoline facilite grandement cette opération et garantit une épaisseur régulière, ce qui permet une cuisson homogène. Si vous utilisez un couteau, prenez votre temps pour obtenir des tranches les plus régulières possible.
2. Préparer l’appareil à gratin
Dans une casserole de taille moyenne, versez la crème liquide et le lait. Épluchez les gousses d’ail et coupez-les en deux, puis ajoutez-les dans la casserole. Effeuillez deux branches de romarin et incorporez les feuilles dans le mélange. Ajoutez une pincée généreuse de muscade râpée, du sel et du poivre noir fraîchement moulu. Faites chauffer à feu doux pendant 5 minutes sans porter à ébullition, en remuant régulièrement. Cette étape d’infusion technique qui consiste à faire diffuser les arômes d’un ingrédient dans un liquide chaud permet aux saveurs de l’ail et du romarin de parfumer délicatement la crème. Retirez ensuite du feu et laissez reposer pendant que vous préparez le plat.
3. Beurrer et disposer les panais
Préchauffez votre four à 180 degrés Celsius en chaleur tournante. Prenez votre plat à gratin et beurrez généreusement le fond et les parois avec les 30 grammes de beurre. Cette étape empêche le gratin d’accrocher et apporte une légère saveur beurrée aux bords croustillants. Disposez maintenant une première couche de rondelles de panais en les faisant se chevaucher légèrement, comme des tuiles sur un toit. Salez et poivrez légèrement cette première couche. Répétez l’opération en créant plusieurs couches jusqu’à épuisement des panais, en assaisonnant chaque niveau.
4. Verser la crème et enfourner
Retirez les morceaux d’ail de votre préparation crémeuse àl’aide d’une cuillère. Versez délicatement l’appareil à gratin sur les panais en vous assurant qu’il se répartit uniformément dans tout le plat. Le liquide doit arriver presque au niveau des panais sans les recouvrir complètement. Parsemez la surface avec les feuilles des deux branches de romarin restantes. Enfournez le plat sur la grille du milieu pour 45 minutes. À mi-cuisson, vérifiez que le gratin ne colore pas trop rapidement. Si c’est le cas, couvrez-le d’une feuille de papier aluminium.
5. Gratiner avec le fromage
Après 45 minutes de cuisson, sortez le plat du four. Les panais doivent être tendres lorsque vous les piquez avec la pointe d’un couteau, et la crème doit avoir réduit et épaissi. Répartissez uniformément le gruyère râpé sur toute la surface du gratin. Remettez au four pour 10 minutes supplémentaires en activant le mode grill si votre four le permet. Le fromage doit fondre et former une belle croûte dorée légèrement croustillante. Surveillez attentivement cette dernière phase pour éviter que le dessus ne brûle.
6. Laisser reposer avant de servir
Sortez le gratin du four et laissez-le reposer 5 à 10 minutes avant de servir. Ce temps de repos est crucial car il permet à la crème de finir de s’épaissir et aux saveurs de se stabiliser. Le gratin sera ainsi plus facile à découper en portions nettes et conservera mieux sa forme dans l’assiette. Vous remarquerez que les panais ont littéralement fondu dans la crème, créant cette texture onctueuse si caractéristique.
Mon astuce de chef
Pour une version encore plus gourmande, ajoutez 50 grammes de parmesan râpé mélangé au gruyère lors de la dernière étape. Le panais peut être remplacé en partie par des carottes anciennes pour varier les couleurs et les saveurs. Si vous préparez ce gratin àl’avance, arrêtez la cuisson 10 minutes avant la fin, laissez refroidir complètement puis réchauffez au moment de servir en ajoutant le fromage seulement lors du réchauffage. Pour tester la cuisson des panais, plantez la pointe d’un couteau au centre du gratin : elle doit s’enfoncer sans résistance. Si vous trouvez le romarin trop prononcé, remplacez-le par du thym séché qui offre une saveur plus douce.
Accords mets et vins pour sublimer le gratin
Ce gratin de panais à la crème et au romarin appelle un vin blanc de caractère capable de tenir face àl’onctuosité de la crème et à la puissance aromatique du romarin. Un Châteauneuf-du-Pape blanc constitue un accord parfait grâce à sa richesse et ses notes de fruits blancs mûrs qui complètent la douceur du panais. Un Condrieu de la vallée du Rhône, élaboré à partir du cépage viognier, offre également une belle harmonie avec ses arômes floraux et sa texture veloutée. Pour une option plus accessible, optez pour un Côtes-du-Rhône blanc bien structuré ou un Saint-Joseph blanc. Si vous préférez un vin rouge, choisissez un vin léger et fruité comme un Pinot Noir d’Alsace ou de Bourgogne qui ne dominera pas les saveurs délicates du plat. Servez le vin à une température de 10 à 12 degrés Celsius pour les blancs.
L’info en plus
Le panais, ce légume racine à la forme allongée et à la couleur blanc crème, fait partie de la famille des apiacées comme la carotte et le persil. Très populaire au Moyen Âge en Europe, il constituait un aliment de base avant l’arrivée de la pomme de terre au XVIIIe siècle. Tombé en désuétude pendant plusieurs décennies, le panais connaît aujourd’hui un véritable renouveau dans la gastronomie française et européenne. Les chefs redécouvrent ses qualités nutritionnelles exceptionnelles : riche en fibres, en vitamines C et B9, en potassium et en antioxydants, il présente également un index glycémique plus bas que la pomme de terre. Sa saveur légèrement sucrée, qui s’intensifie après les premières gelées, en fait un légume d’hiver par excellence. En cuisine, le panais se prête à de multiples préparations : rôti, en purée, en soupe ou en chips. Le gratin représente l’une des façons les plus gourmandes de le cuisiner, permettant de révéler pleinement sa texture fondante. Dans la tradition culinaire britannique, le panais rôti accompagne systématiquement le Sunday roast, le rôti dominical. Cette recette de gratin s’inscrit dans la tendance actuelle de redécouverte des légumes anciens et oubliés, mouvement porté par les chefs et les consommateurs soucieux de diversifier leur alimentation.



